« Ça va » : c’est la réponse que la plupart d’entre nous donnent par réflexe, même quand rien ne va. Lancôme a choisi d’en faire le point de départ de « Je vais bien » (« I’m Fine »), une initiative internationale lancée autour de la Journée mondiale de la santé mentale pour aider les femmes à repérer les premiers signes de l’anxiété et de la dépression.
- L’initiative a été annoncée le 8 octobre 2026 et déployée à partir du 10 octobre, Journée mondiale de la santé mentale.
- En France, Lancôme s’appuie sur Psycom, organisme public d’information sur la santé mentale.
- Une plateforme gratuite propose des questionnaires d’auto-évaluation, qui ne remplacent pas un avis médical.
- Selon une enquête Ipsos commandée par la marque, 80 % des femmes interrogées disent avoir déjà affirmé aller bien alors que ce n’était pas le cas.
Les points :
Pourquoi ce « ça va » pose question #
Dire que tout va bien n’a rien d’anodin quand on traverse une période difficile. On le fait pour ne pas inquiéter, pour ne pas déranger, ou simplement parce qu’on ne sait pas par où commencer. Le problème, c’est que ce réflexe retarde souvent le moment où l’on demande de l’aide.
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C’est exactement le constat que met en avant Lancôme. D’après l’étude menée avec Ipsos auprès de femmes de cinq pays, et rapportée par le Journal du Luxe, 72 % des répondantes regrettent d’avoir caché leurs véritables sentiments, et plus de 60 % ont du mal à parler ouvertement de leur bien-être mental.
Un autre chiffre de la même enquête, relevé par Luxe Daily, éclaire le mécanisme : 52 % des femmes interrogées disent ne pas vouloir être un poids pour leurs proches. Ces pourcentages décrivent des ressentis déclarés, pas une mesure médicale de l’anxiété ou de la dépression.
Que propose concrètement « Je vais bien » ? #
L’initiative repose sur deux volets. Le premier est la sensibilisation : les ambassadrices de la marque, parmi lesquelles Demi Moore, Christy Turlington, Zoé Saldaña et Vanessa Kirby, racontent leur propre rapport à la santé mentale.
Le second est la prévention, avec une plateforme en ligne gratuite et confidentielle, imfine.com. On y trouve des contenus pédagogiques, des témoignages et deux questionnaires d’auto-évaluation reconnus : le GAD-7 pour les symptômes d’anxiété et le PHQ-8 pour la fréquence des symptômes dépressifs.
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Le rôle de Psycom en France
Pour la version française, Lancôme a fait appel à Psycom, organisme public qui informe sur la santé mentale et lutte contre la stigmatisation. Sa mission ici : adapter les ressources aux repères et aux dispositifs français. Aux États-Unis, la marque travaille avec l’Association américaine de l’anxiété et de la dépression (ADAA), au Royaume-Uni avec Mental Health Innovations.
Un questionnaire en ligne, et après ? #
C’est le point à garder en tête. Les questionnaires de la plateforme donnent une indication, ils ne posent pas de diagnostic. Luxe Daily le rappelle clairement : ces outils ne remplacent ni une psychothérapie, ni une consultation médicale.
Leur intérêt est ailleurs. Mettre des mots sur ce que l’on ressent depuis quelques semaines, constater que la fatigue, l’irritabilité ou le sommeil haché durent, peut suffire à franchir le pas d’un rendez-vous. Le médecin traitant reste la première porte d’entrée.
Les ressources à connaître
Psycom recense sur son site les lieux d’écoute et de soin, ainsi que des outils pour prendre soin de sa santé mentale au quotidien. En cas de pensées suicidaires, pour soi ou pour un proche, le 3114, numéro national de prévention du suicide, répond gratuitement, jour et nuit.
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Une marque de beauté a-t-elle sa place sur ce sujet ? #
La question mérite d’être posée. Une campagne portée par une marque de cosmétiques reste aussi une opération d’image, et l’enquête citée a été commandée par Lancôme elle-même. Il faut donc la lire comme un baromètre de ressentis, pas comme une étude épidémiologique.
Mais l’initiative a deux mérites. Elle passe par un partenaire public reconnu en France plutôt que par des conseils maison. Et elle s’adresse à un public large, sur un sujet où le silence coûte cher. La présidente mondiale de Lancôme, Vania Lacascade, dit vouloir agir « avant que les femmes n’atteignent un point de rupture ».
La marque affiche aussi un objectif chiffré : aider 3 millions de personnes dans le monde à reconnaître les premiers signes de l’anxiété et de la dépression d’ici 2030. Une ambition à suivre, puisqu’il s’agit pour l’instant d’une cible et non d’un résultat. L’initiative doit s’étendre à de nouveaux pays, dont l’Australie, en mars 2027.
Ce que l’on peut en retenir pour soi #
Le message le plus utile de cette campagne n’a rien de commercial : on a le droit de répondre autre chose que « ça va ». Choisir une personne de confiance, lui dire honnêtement où l’on en est, ou prendre rendez-vous quand un mal-être s’installe, ce sont des gestes simples qui comptent.
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Questions fréquentes #
La plateforme « Je vais bien » est-elle gratuite ?
Oui, elle est présentée comme gratuite et confidentielle, avec des questionnaires d’auto-évaluation et des ressources adaptées par Psycom pour la France.
Le questionnaire peut-il diagnostiquer une dépression ?
Non. Il donne une indication sur des symptômes, mais seul un professionnel de santé peut poser un diagnostic.
Qui appeler en cas d’urgence ?
En cas de pensées suicidaires, le 3114 répond gratuitement 24 heures sur 24. En cas de danger immédiat, composez le 15.




